Cette initiative s'inscrit dans le cadre de l'Alliance des États du Sahel (AES), qui aspire à renforcer l'intégration économique entre ces nations. Actuellement, les échanges commerciaux intra-AES ne représentent qu'une fraction modeste, soit 17,09 %, du total des transactions de ces trois pays avec l'ensemble de l'espace communautaire. Ce constat met en lumière la nécessité d'une action concertée pour stimuler ces échanges et favoriser une coopération plus étroite.
Dans ce contexte, Bamako, la capitale malienne, et ses partenaires régionaux se fixent pour objectif de dynamiser l'intégration économique régionale. Cette démarche vise non seulement à accroître le volume des échanges commerciaux, mais également à réduire la dépendance extérieure de ces pays face aux fluctuations des marchés internationaux.
En renforçant les liens économiques, les États membres de l'AES espèrent créer un environnement propice à la croissance, à la création d'emplois et à la stabilité économique, tout en favorisant un développement durable qui bénéficie à l'ensemble de la population. Les efforts pour améliorer les infrastructures, faciliter la circulation des biens et des services, et harmoniser les politiques économiques sont des étapes cruciales dans cette quête d'une intégration économique plus profonde et plus efficace au Sahel.
Les axes de transformation de la stratégie sont cruciaux pour favoriser un développement harmonieux et efficace au sein de la région. Tout d'abord, la fluidification des corridors est essentielle, impliquant la suppression des barrières non tarifaires et des tracasseries administratives le long des axes routiers. Cela permettra non seulement d'accélérer le transport des marchandises, mais aussi de réduire les coûts logistiques, rendant ainsi les échanges commerciaux plus fluides et accessibles. En parallèle, la transformation locale est encouragée, visant à promouvoir la transformation sur place des matières premières au sein de l'espace de l'Accord d'Économie et de Sécurité (AES). Cette initiative vise à valoriser les ressources locales, à créer des emplois et à stimuler l'économie régionale en intégrant davantage les chaînes de valeur locales.
De plus, l'implication accrue des acteurs économiques du secteur privé est primordiale pour dynamiser l'investissement endogène. En favorisant un partenariat solide entre le secteur public et privé, on peut créer un environnement propice à l'innovation et à la croissance durable. Enfin, la création d'une centrale d'achat commune représente un outil mutualisé qui renforcera la compétitivité régionale. En regroupant les achats, les acteurs économiques pourront bénéficier d'économies d'échelle, d'une meilleure négociation des prix et d'une optimisation des ressources, ce qui contribuera à une dynamique économique plus robuste et intégrée.
Notons que ces axes de transformation, en synergie, visent à bâtir une région plus compétitive, résiliente et tournée vers l'avenir.
Daouda Bakary KONÉ



